{"id":611,"date":"2025-11-20T09:00:00","date_gmt":"2025-11-20T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/?p=611"},"modified":"2025-11-17T20:55:15","modified_gmt":"2025-11-17T19:55:15","slug":"au-coeur-des-serres-au-bord-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/index.php\/2025\/11\/20\/au-coeur-des-serres-au-bord-du-monde\/","title":{"rendered":"Steampunk sans vapeur, myst\u00e8res sans \u00e9lan"},"content":{"rendered":"<div class=\"et_pb_section_0 et_pb_section et_section_regular et_block_section\">\n<div class=\"et_pb_row_0 et_pb_row et_block_row\">\n<div class=\"et_pb_column_0 et_pb_column et_pb_column_4_4 et-last-child et_block_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough\">\n<div class=\"et_pb_text_0 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module\"><div class=\"et_pb_text_inner\"><h3>Steampunk sans vapeur, myst\u00e8res sans \u00e9lan<\/h3>\n<h4>Critique de <em>The Immorality Engine: A Newbury & Hobbes Investigation<\/em>, de George Mann<\/h4>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"et_pb_row_1 et_pb_row et_flex_row\">\n<div class=\"et_pb_column_1 et_pb_column et_flex_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et_flex_column_8_24 et_flex_column_8_24_tablet et_flex_column_24_24_phone et_flex_column_24_24_phoneWide et_flex_column_8_24_tabletWide et_flex_column_8_24_widescreen et_flex_column_8_24_ultraWide\">\n<div class=\"et_pb_image_0 et_pb_image et_pb_module et_block_module\"><span class=\"et_pb_image_wrap\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/91w6-jABuIL._UF10001000_QL80_.jpg\" title=\"91w6-jABuIL._UF1000,1000_QL80_\" width=\"667\" height=\"1000\" srcset=\"https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/91w6-jABuIL._UF10001000_QL80_.jpg 667w, https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/91w6-jABuIL._UF10001000_QL80_-480x720.jpg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 667px, 100vw\" class=\"wp-image-617\" \/><\/span><\/div>\n\n<div class=\"et_pb_text_1 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module\"><div class=\"et_pb_text_inner\"><div class=\"elementor-element elementor-element-0b0b1d7 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"0b0b1d7\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n<div class=\"elementor-widget-container\"><strong><span class=\"livre-meta-label\">\u00c9diteur<\/span><\/strong><\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">Tor Publishing Group<\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">&#160;<\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\"><strong>Date de parution<\/strong><\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">3 juillet 2012<\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">&#160;<\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\"><strong>352 pages<\/strong><\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">&#160;<\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\"><strong>Date de la critique<\/strong><\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">20 novembre 2025<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"et_pb_column_2 et_pb_column et-last-child et_flex_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et_flex_column_16_24 et_flex_column_16_24_tablet et_flex_column_24_24_phone et_flex_column_24_24_phoneWide et_flex_column_16_24_tabletWide et_flex_column_16_24_widescreen et_flex_column_16_24_ultraWide\">\n<div class=\"et_pb_text_2 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module\"><div class=\"et_pb_text_inner\"><p style=\"font-weight: 400;\">Troisi\u00e8me tome de la s\u00e9rie <i>Newbury & Hobbes<\/i>, <i>The Immorality Engine<\/i> nous ram\u00e8ne dans un Londres alternatif o\u00f9 la reine Victoria, bris\u00e9e, survit gr\u00e2ce \u00e0 un appareillage m\u00e9canique sophistiqu\u00e9. Ce d\u00e9tail, qui pourrait \u00eatre l\u2019ancrage fort d\u2019un imaginaire steampunk, reste pourtant marginal : la souveraine n\u2019appara\u00eet qu\u2019\u00e9pisodiquement et son r\u00f4le se cantonne \u00e0 celui d\u2019une figure distante, presque spectrale. De m\u00eame, les automates qui peuplent parfois ce d\u00e9cor industriel ne sont que de discrets figurants, lorsqu\u2019ils sont m\u00eame pr\u00e9sents. Au c\u0153ur du r\u00e9cit, on retrouve Sir Maurice Newbury, enqu\u00eateur brillant et conseiller de la Couronne, accompagn\u00e9 de Miss Veronica Hobbes, assistante d\u00e9vou\u00e9e et fine observatrice. Tous deux sont confront\u00e9s \u00e0 une s\u00e9rie de meurtres impossibles, li\u00e9s \u00e0 d\u2019\u00e9tranges exp\u00e9riences flirtant avec les limites de la science et de la morale. En arri\u00e8re-plan, un arc narratif consacr\u00e9 aux arts occultes, esquiss\u00e9 d\u00e8s le premier tome, se poursuit\u2026 mais \u00e0 un rythme si lent qu\u2019il peine \u00e0 nourrir v\u00e9ritablement la tension.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Si l\u2019on devait d\u00e9finir l\u2019atmosph\u00e8re de la s\u00e9rie, ce ne serait pas tant le steampunk annonc\u00e9 que le polar victorien l\u00e9g\u00e8rement relev\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments surnaturels. Comme dans de nombreuses sagas d\u2019enqu\u00eate, on retrouve le duo form\u00e9 d\u2019un esprit d\u2019exception et d\u2019un partenaire que l\u2019on croit secondaire avant de d\u00e9couvrir qu\u2019il poss\u00e8de ses propres zones d\u2019ombre et ses talents cach\u00e9s. La romance implicite qui unit Newbury et Hobbes suit une trajectoire pr\u00e9visible : \u00e9tir\u00e9e sur des volumes entiers, elle n\u2019\u00e9volue gu\u00e8re, se contentant de clins d\u2019\u0153il et de sous-entendus. Quant au penchant de Newbury pour certaines substances, clin d\u2019\u0153il assum\u00e9 \u00e0 Sherlock, il est plus souvent cit\u00e9 que r\u00e9ellement int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la dynamique de l\u2019intrigue. L\u00e0 encore, l\u2019occasion \u00e9tait belle d\u2019explorer les cons\u00e9quences psychologiques et morales d\u2019un tel vice sur un enqu\u00eateur de ce calibre\u2009; l\u2019auteur pr\u00e9f\u00e8re le laisser en marge.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La structure narrative joue volontiers avec les codes des <i>penny dreadfuls<\/i> : rebondissements attendus, m\u00e9chants aux motivations exag\u00e9r\u00e9ment sombres, science interdite et conspirations \u00e0 demi d\u00e9voil\u00e9es. Ces ingr\u00e9dients pourraient \u00eatre savoureux s\u2019ils \u00e9taient r\u00e9invent\u00e9s ou d\u00e9tourn\u00e9s\u2009; ils sont ici reproduits sans surprise, comme si la s\u00e9rie pr\u00e9f\u00e9rait s\u2019installer dans un confort de genre plut\u00f4t que de chercher \u00e0 en repousser les fronti\u00e8res. Le rythme souffre d\u2019ailleurs de cette prudence : les r\u00e9v\u00e9lations avancent au compte-gouttes, et certains arcs semblent suspendus d\u2019un tome \u00e0 l\u2019autre sans que le lecteur en tire un vrai sentiment de progression. Le tome 2, par exemple, se concentre sur une histoire de momie qui promettait une intrigue intrigante mais se r\u00e9duit finalement \u00e0 la qu\u00eate d\u2019un individu souhaitant devenir immortel, sans v\u00e9ritable lien avec la momie elle-m\u00eame : il ne s\u2019agit ni d\u2019une mal\u00e9diction ni d\u2019une maladie, mais d\u2019un rituel vaguement associ\u00e9 au corps momifi\u00e9\u2009; ce qui prouve d\u2019ailleurs son inefficacit\u00e9, puisque l\u2019homme est mort depuis longtemps. Le tome 3, lui, joue sur l\u2019horreur de clones rat\u00e9s : une id\u00e9e qui aurait pu \u00eatre d\u00e9rangeante mais qui vire au clich\u00e9, avec ses \u201cpoup\u00e9es\u201d imparfaites griffant les murs jusqu\u2019au sang et hurlant des proph\u00e9ties incoh\u00e9rentes.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est d\u2019autant plus dommage que le concept initial laissait esp\u00e9rer un univers plus affirm\u00e9. Compar\u00e9e \u00e0 d\u2019autres s\u00e9ries du m\u00eame registre, la faiblesse appara\u00eet nettement. Pour une dynamique de duo d\u2019enqu\u00eateurs \u00e0 Londres, <i>Glass & Steele<\/i> de C. J. Archer offre un m\u00e9lange plus vivant, o\u00f9 la relation entre les protagonistes se d\u00e9veloppe \u00e0 chaque volume et o\u00f9 les intrigues secondaires trouvent leur place. Pour un usage plus ambitieux de l\u2019imaginaire steampunk m\u00eal\u00e9 \u00e0 la magie et \u00e0 la science-fiction, <i>The Invisible Library<\/i> de Genevieve Cogman s\u2019av\u00e8re bien plus satisfaisante : certains tomes explorent pleinement des environnements o\u00f9 la vapeur, les engrenages et l\u2019\u00e9sot\u00e9risme s\u2019entrelacent pour produire des mondes riches et immersifs.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Face \u00e0 ces r\u00e9f\u00e9rences, <i>The Immorality Engine<\/i>, et la s\u00e9rie plus largement, laisse une impression de rendez-vous manqu\u00e9. George Mann installe un d\u00e9cor qui pourrait \u00eatre fascinant et pose les jalons de plusieurs fils narratifs prometteurs, mais s\u2019arr\u00eate souvent au seuil de ce qui pourrait les rendre inoubliables. Ce n\u2019est pas une lecture d\u00e9plaisante \u2013 l\u2019\u00e9criture est fluide, le Londres brumeux est rendu avec soin, et les sc\u00e8nes d\u2019action sont efficaces \u2013 mais elle manque de ce souffle et de cette inventivit\u00e9 qui donnent envie de se pr\u00e9cipiter sur le tome suivant. Pour le lecteur en qu\u00eate d\u2019un steampunk assum\u00e9, ou d\u2019un polar victorien enrichi de fantastique audacieux, il existe ailleurs des propositions plus abouties et plus g\u00e9n\u00e9reuses.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Troisi\u00e8me tome de la s\u00e9rie Newbury &amp; Hobbes, The Immorality Engine nous ram\u00e8ne dans un Londres alternatif o\u00f9 la reine Victoria, bris\u00e9e, survit gr\u00e2ce \u00e0 un appareillage m\u00e9canique sophistiqu\u00e9. Ce d\u00e9tail, qui pourrait \u00eatre l\u2019ancrage fort d\u2019un imaginaire steampunk, reste pourtant marginal : la souveraine n\u2019appara\u00eet qu\u2019\u00e9pisodiquement et son r\u00f4le se cantonne \u00e0 celui d\u2019une figure distante, presque spectrale. De m\u00eame, les automates qui peuplent parfois ce d\u00e9cor industriel ne sont que de discrets figurants, lorsqu\u2019ils sont m\u00eame pr\u00e9sents. 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