{"id":931,"date":"2026-02-12T09:57:00","date_gmt":"2026-02-12T08:57:00","guid":{"rendered":"https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/?p=931"},"modified":"2026-01-26T17:08:53","modified_gmt":"2026-01-26T16:08:53","slug":"ecologie-autonomie-et-magie-du-quotidien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/index.php\/2026\/02\/12\/ecologie-autonomie-et-magie-du-quotidien\/","title":{"rendered":"\u00c9cologie, autonomie et magie du quotidien"},"content":{"rendered":"<div class=\"et_pb_section_0 et_pb_section et_section_regular et_block_section\">\n<div class=\"et_pb_row_0 et_pb_row et_block_row\">\n<div class=\"et_pb_column_0 et_pb_column et_pb_column_4_4 et-last-child et_block_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough\">\n<div class=\"et_pb_text_0 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module\"><div class=\"et_pb_text_inner\"><h3>\u00c9cologie, autonomie et magie du quotidien<\/h3>\n<h4>Critique de <i>The Spellshop<\/i>, de Sarah Beth Durst<\/h4>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"et_pb_row_1 et_pb_row et_flex_row\">\n<div class=\"et_pb_column_1 et_pb_column et_flex_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et_flex_column_8_24 et_flex_column_8_24_tablet et_flex_column_24_24_phone et_flex_column_24_24_phoneWide et_flex_column_8_24_tabletWide et_flex_column_8_24_widescreen et_flex_column_8_24_ultraWide\">\n<div class=\"et_pb_image_0 et_pb_image et_pb_module et_block_module\"><span class=\"et_pb_image_wrap\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/81N3mx4P3PL._UF10001000_QL80_.jpg\" title=\"81N3mx4P3PL._UF1000,1000_QL80_\" width=\"625\" height=\"1000\" srcset=\"https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/81N3mx4P3PL._UF10001000_QL80_.jpg 625w, https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/81N3mx4P3PL._UF10001000_QL80_-480x768.jpg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 625px, 100vw\" class=\"wp-image-932\" \/><\/span><\/div>\n\n<div class=\"et_pb_text_1 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module\"><div class=\"et_pb_text_inner\"><div class=\"elementor-element elementor-element-0b0b1d7 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"0b0b1d7\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n<div class=\"elementor-widget-container\"><strong><span class=\"livre-meta-label\">\u00c9diteur<\/span><\/strong><\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">Bramble<\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">&#160;<\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\"><strong>Date de parution<\/strong><\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">27 mai 2025<\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">&#160;<\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\"><strong>400 pages<\/strong><\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">&#160;<\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\"><strong>Date de la critique<\/strong><\/div>\n<div class=\"elementor-widget-container\">12 f\u00e9vrier 2026<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"et_pb_column_2 et_pb_column et-last-child et_flex_column et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et_flex_column_16_24 et_flex_column_16_24_tablet et_flex_column_24_24_phone et_flex_column_24_24_phoneWide et_flex_column_16_24_tabletWide et_flex_column_16_24_widescreen et_flex_column_16_24_ultraWide\">\n<div class=\"et_pb_text_2 et_pb_text et_pb_bg_layout_light et_pb_module et_block_module\"><div class=\"et_pb_text_inner\"><p style=\"font-weight: 400;\"><i>The Spellshop<\/i>, premier tome de la s\u00e9rie se d\u00e9roulant dans cet univers, pr\u00e9c\u00e8de <i>The Enchanted Greenhouse<\/i>, dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 sur ce blogue (ici\u00a0: <a href=\"https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/index.php\/2025\/11\/18\/au-coeur-des-serres-au-bord-du-monde-2\/\">https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/index.php\/2025\/11\/18\/au-coeur-des-serres-au-bord-du-monde-2\/<\/a>). Ce roman marque \u00e0 la fois l\u2019entr\u00e9e dans un monde narratif appel\u00e9 \u00e0 se d\u00e9ployer sur plusieurs volumes et ma rencontre avec l\u2019\u00e9criture de Sarah Beth Durst. Il s\u2019agit d\u2019un point d\u2019origine\u00a0: celui o\u00f9 tout commence \u00e0 se fissurer, \u00e0 se d\u00e9placer, \u00e0 se recomposer.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le r\u00e9cit s\u2019ouvre sur un moment de bascule. L\u2019empire colonial qui maintenait l\u2019unit\u00e9 du monde s\u2019effondre \u00e0 la suite d\u2019\u00e9meutes anarchistes qui gagnent rapidement la capitale. La protagoniste, biblioth\u00e9caire au sein de l\u2019\u00e9quivalent des archives nationales, voit sa vie boulevers\u00e9e lorsque la violence arrive litt\u00e9ralement \u00e0 sa porte. Gardienne de savoirs confisqu\u00e9s par l\u2019ordre des biblioth\u00e9caires, elle est contrainte de fuir dans l\u2019urgence, emportant avec elle une plante consciente, le chlorophytum Caz \u2014 particuli\u00e8rement important dans la backstory menant \u00e0 <i>The Enchanted Greenhouse<\/i> \u2014 et de nombreux ouvrages sauv\u00e9s de l\u2019incendie qui d\u00e9clenche son exil.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Son refuge est la maison familiale, h\u00e9rit\u00e9e \u00e0 la mort de ses parents, sur l\u2019\u00eele de son enfance qu\u2019elle a quitt\u00e9 des d\u00e9cennies plus t\u00f4t. L\u00e0, le roman adopte les rythmes familiers de la cosyfantasy\u00a0: l\u2019installation progressive, la red\u00e9couverte des lieux, la reprise des liens avec les habitant\u00b7e\u00b7s du village, l\u2019attention port\u00e9e aux gestes quotidiens. Peu \u00e0 peu, la protagoniste se construit un entourage, des amiti\u00e9s solides, puis un v\u00e9ritable coven magique, alors m\u00eame que les pratiques magiques restent officiellement interdites. La chute de l\u2019empire, cependant, rebat les cartes\u00a0: les interdits perdent de leur force, les marges deviennent des espaces d\u2019exp\u00e9rimentation.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Les savoirs li\u00e9s aux plantes, au soin et au travail de la terre avaient \u00e9t\u00e9 jalousement conserv\u00e9s par l\u2019ordre des biblioth\u00e9caires. En s\u2019appropriant ces connaissances, d\u2019abord pour les prot\u00e9ger, ensuite pour les faire vivre, la protagoniste apprend \u00e0 cultiver, \u00e0 produire des rem\u00e8des simples, \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins concrets de la communaut\u00e9. De l\u00e0 na\u00eet le <i>spellshop<\/i> du titre, dissimul\u00e9 sous l\u2019apparence anodine d\u2019une boutique de confitures (permettant de collaborer avec d\u2019autres marchands du village notamment la boulang\u00e8re, permettant de cacher des rem\u00e8des et de travailler le mieux-\u00eatre des habitant\u00b7e\u00b7s discr\u00e8tement). Ce commerce modeste devient un lieu de circulation des savoirs, de soin et d\u2019entraide, inscrit au c\u0153ur du village. Tout en mobilisant l\u2019esth\u00e9tique <i>cottage core<\/i> du genre (un peu comme dans <i>The Honey Witch<\/i>), elle va reconstruire la maison et faire fructifier le jardin laiss\u00e9 \u00e0 l\u2019abandon. Le <i>care<\/i> passe tout d\u2019abord par cet \u00e9cosyst\u00e8me \u00e0 reconstruire, puis s\u2019\u00e9tend peu \u00e0 peu \u00e0 ce qui l\u2019entoure.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">L\u2019environnement occupe une place centrale dans le roman. La protagoniste lutte autant pour prot\u00e9ger son \u00eele des temp\u00eates provoqu\u00e9es par les abus de la capitale que pour pr\u00e9server les zones humides, essentielles \u00e0 la survie des sir\u00e8nes et des autres cr\u00e9atures qui y vivent. La nature n\u2019est jamais un simple d\u00e9cor\u00a0: elle est un syst\u00e8me vivant, fragile, avec lequel il faut composer, n\u00e9gocier, apprendre \u00e0 cohabiter.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Dans sa seconde moiti\u00e9, <i>The Spellshop<\/i> d\u00e9ploie une r\u00e9flexion plus politique qu\u2019il n\u2019y para\u00eet d\u2019abord, comme souvent pour ce genre. Le renversement de l\u2019empire est observ\u00e9 depuis le point de vue des lettr\u00e9\u00b7e\u00b7s, de celles et ceux qui d\u00e9tenaient les outils de compr\u00e9hension du monde sans en ma\u00eetriser les leviers de pouvoir. Celleux-ci ont d\u00fb fuir, sont partis souvent avec des fragments de connaissances, et vont devenir instrumentaux dans l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un r\u00e9seau alternatif de diffusion des savoirs, et dans la structuration horizontale des communaut\u00e9s. Le roman explore alors la construction d\u2019alternatives de gouvernance\u00a0: certaines \u00eeles s\u2019autod\u00e9terminent, reprennent une forme d\u2019ind\u00e9pendance, inventent leurs propres \u00e9quilibres. Loin des r\u00e9cits h\u00e9ro\u00efques de r\u00e9volution, Durst privil\u00e9gie une approche situ\u00e9e, patiente, attentive aux effets concrets du changement sur les existences ordinaires.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est sans doute l\u00e0 que r\u00e9side la force du roman\u00a0: dans cette articulation entre effondrement des structures imp\u00e9riales et reconstruction par le bas, \u00e0 travers le soin, la transmission et la relation au vivant. <i>The Spellshop<\/i> s\u2019inscrit pleinement dans une cosyfantasy qui n\u2019est ni na\u00efve ni d\u00e9politis\u00e9e, mais qui propose, \u00e0 hauteur humaine, des mani\u00e8res d\u2019habiter autrement un monde ab\u00eem\u00e9.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>The Spellshop, premier tome de la s\u00e9rie se d\u00e9roulant dans cet univers, pr\u00e9c\u00e8de The Enchanted Greenhouse, dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 sur ce blogue (ici : https:\/\/comfycademia.emmanuellelescouet.com\/index.php\/2025\/11\/18\/au-coeur-des-serres-au-bord-du-monde-2\/). 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